CELLULES SOUCHES

26 février 2016
Publié par Ecole De Musique

Des cellules souches humaines obtenues par clonage
vie - par Olivier Donnars dans mensuel n°477 daté juillet 2013 à la page 20 (527 mots) | Gratuit
Obtenir des cellules souches embryonnaires humaines à partir d'embryons conçus par clonage ? Depuis la fraude du Coréen Woo-Suk Hwang, en 2005, de nombreux scientifiques n'y croyaient plus. Mais à force de persévérance, Shoukhrat Mitalipov et ses collaborateurs de l'université de l'Oregon, aux États-Unis, y sont, semble-t-il, parvenus [1]. Autrement dit, ils ont réussi à déclencher la formation d'un embryon en faisant fusionner un ovocyte privé de son noyau avec une cellule de peau adulte. Puis, après 6 jours de développement in vitro, ils ont extrait de cet embryon des cellules souches embryonnaires : des cellules pluripotentes, capables de se différencier en tout type cellulaire. Des cellules qui, lorsqu'elles sont obtenues par clonage, ont le même génome que la personne ayant fourni la cellule de peau.

En matière de clonage, Shoukhrat Mitalipov est un spécialiste reconnu : fin 2007, son équipe avait réussi à obtenir, par clonage, des embryons de macaques et à en extraire des cellules souches. D'autres équipes avaient ensuite tenté l'expérience avec des cellules humaines. Sans succès.

Division de l'oeuf
Pour les scientifiques, le principal écueil était un manque de synchronisation entre le cycle cellulaire de l'ovocyte et celui du noyau de la cellule clonée. « Or, il faut absolument que tous deux soient en phase pour que les chromosomes introduits dans l'ovocyte se dupliquent, et que l'oeuf entame sa division », explique Jean-Marc Lemaître, de l'institut de génomique fonctionnelle de Montpellier.

Comment Shoukhrat Mitalipov a-t-il franchi cet obstacle ? D'abord, il a pris soin d'utiliser des ovocytes de très bonne qualité : 20 ovocytes seulement, mais prélevés chez deux donneuses jeunes et en pleine santé. Puis il a découvert que les baigner dans une solution de caféine avant d'extraire leur noyau permettait de les bloquer au stade souhaité. C'est alors seulement qu'il en a enlevé le noyau, et les a fait fusionner chacun avec une cellule de peau d'une personne atteinte d'une maladie neurologique, le syndrome de Leigh. Il leur a ensuite appliqué une décharge électrique - méthode couramment utilisée pour activer les « oeufs » clonés.

Sept de ces embryons se sont alors développés jusqu'au stade où les chercheurs ont prélevé des cellules souches embryonnaires. Ils sont formels : l'ADN de ces cellules est identique à celui des cellules de peau du patient. Et elles sont pluripotentes - les biologistes américains les ont par exemple fait se différencier en cellules cardiaques.

Si ces résultats sont reproduits par d'autres équipes, le clonage trouvera-t-il une place comme méthode d'obtention de cellules souches embryonnaires ? Depuis cinq ans, une autre approche occupe le devant de la scène : l'obtention de cellules pluripotentes, appelées iPS, par injection de quatre gènes « reprogrammateurs » dans des cellules adultes. Mais les iPS ont aussi leurs limites. « Elles ne sont pas la copie exacte des cellules souches embryonnaires, précise Pierre Savatier, de l'institut cellules souches et cerveau, à Bron. Elles portent parfois des mutations et conservent une mémoire épigénétique de leur tissu d'origine. » Pour Pierre Savatier, les cellules souches obtenues à partir d'embryons clonés sont donc intéressantes scientifiquement. « Surtout pour mieux comprendre les mécanismes de la pluripotence, car il est plus logique d'étudier cette propriété sur des cellules provenant d'un embryon, même cloné. »

Par Olivier Donnars

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