Interview

15 octobre 2012
Publié par Dr Hervé Bouchet

Dr Hervé BOUCHET
Attaché dans le DU du chirurgie implantaire de Lyon
Implantologie Exclusive à GRENOBLE

1/Quels sont les critères de choix d'un bon implant ?

Le choix d’un bon implant repose sur :
- Le recul clinique de l’implant : un bon implant doit présenter un recul clinique de 5 ans au minimum. Il faut faire attention aux états de surface trop récents qui sont mis sur le marché avec des études insuffisantes.
- L’implant doit être cylindrique ou conique en forme de vis avec un état de surface rugueux.  -- La précision d’usinage de l’implant, du bon ajustage des pièces prothétiques, de la  qualité de sa connectique qui est brevetée, sont des paramètres important pour éviter les problèmes de dévissage.
- Il faut des pièces prothétiques (Faux moignons anatomiques, en Ti ou en Zircone, piliers droits et angulés, …), permettant de faire face à toutes les situations cliniques
- Un « plus » esthétique peut-être la présence d’un col en Zircone,
- L’ergonomie du système : pour le chirurgien il faut une trousse simple contenant peu de forets. L’idéal étant d’avoir le foret terminal livré avec l’implant. Pour l’assistante il faut des trousses peu encombrantes.


2/ Existe t-il des différences fondamentales entre les implants de grande marque et ceux des marques de moindre notoriété mais toutefois très engagées dans l'implantologie ? Le plus cher est il forcément le meilleur ou peut-on acquérir des implants de qualité à moindre coût?

En tant qu’utilisateur de plusieurs systèmes, je trouve qu’il n’y a pas de différences fondamentales, il y a en revanche pleins de petites différences. Certaines marques ont des forets plus efficaces, d’autres un choix de pièces prothétiques très larges… d’autres proposent des implants courts, d’autres non, certaines ont un col en zircone (atout considérable dans le secteur esthétique maxillaire),
J’ai l’impression qu’il existe une relation directe entre le prix de l’implant et l’épaisseur du catalogue de prothèse…Il est donc possible d’obtenir des implants « économiques » qui vont s’ostéointégrer (l’os ne reconnaît pas la marque du titane). En revanche, il y aura moins de pièces prothétiques en catalogue. S’il existe une faille, elle se situe à mon avis dans la qualité de l’usinage des pièces prothétiques.
Dans tous les cas, la différence de qualité dans un traitement implantaire repose plus sur l’expérience du praticien à utiliser un système, que sur la marque de l’implant.

3/Les implants courts (5/6 mm ) sont-ils aussi fiables que les implants longs ?
Ce type d’implants peuvent répondre à deux indications cliniques pour éviter :
-  les comblement sous-sinusiens, dont la technique est bien maitrisée actuellement et présent de bons résultats.
- des greffes d’apposition verticales à la mandibule, dont la technique est difficile à mettre en œuvre et présente des taux d’échecs importants.
Néanmoins, les différentes études publiées sur l’efficacité des implants courts ont un niveau de preuve insuffisant. En effet ces études mélanges dans leur données, des prothèses stabilisées sur à la fois des implants courts et de taille normale, ou bien des prothèse unitaires sur implants courts mais encastrées entre des dents naturelles.
La vraie question est de savoir si l’on peut remplacer un secteur postérieur édenté uniquement  par des implants courts ? Pour répondre à cette question, nous menons depuis 3 ans une étude multicentrique dans le service d’implantologie de Lyon ainsi que dans différents centre d’investigation. Pour l’instant toutes les prothèses sur implants courts dans le secteur postérieur mandibulaire sont en fonction, et nous les suivons.

4/ Les matériaux dits "de nouvelle génération" tels que la zircone...offrent t-ils la mêmes conditions (maniabilité,perennité, fiabilité...) que le titane ?
En ce qui concerne les implants tout Zircone, je n’en ai pas d’expérience et ne peut donc pas vous en parler. Mais là encore, attention au recul clinique : Faut-il privilégier l’esthétique au détriment de la solidité mécanique ?
Pour ce qui est des piliers en Zircone, la zone de faiblesse mécanique se situe à la jonction entre la partie mâle de la connectique du pilier qui rentre dans l’implant et la partie supra implantaire externe du pilier qui reçoit la prothèse. En effet la portion interne du pilier étant traversée par la vis de prothèse, l’épaisseur du Zircone à ce niveau est réduite à quelques dixièmes de millimètre. Il faut faire attention au risque présent de fracture des piliers en Zircone à ce niveau. Dans un cas esthétique, si l’on souhaite garantir la solidité, il faut privilégier un implant avec un col en Zircone surmonté d’un pilier en Titane Usiné et recouvert d’une chape Zircone recevant la céramique. Ainsi la limite couronne-implant sera Zircone-Zircone (absence de joint métallique disgracieux) et les 2mm infra-gingivaux en Zircone du col trans-muqueux de l’implant assureront une parfaite intégration esthétique gingivale immédiate (par une distribution favorable de la lumière au niveau de la gencive qui sera moins gris bleuté par l’absence de métal sous-jacent), et dans le temps (en cas de récession gingival, pas de métal visible mais du Zircone).
Je pense qu’un implant avec un col en zircone a une très bonne indication dans les secteurs esthétiques.
Image 1 : « implant Biotech Smiléa conic avec son col en Zircone sur 11 »
Image 2 : « prothèse terminée »


5) Quel(s) implant(s) posez vous?
- Dans le cadre de mon exercice de chirugie parodontale et implantaire exclusive à GRENOBLE  j’utilise des implants "3i" , l’EVL+ de SERF , du BIOTECH Kontact  et  du BIOTECH smiléa conic qui présente un col en zircone. 

Les implants BIOTECH sont "made in france" : implantkontact


- Dans le cadre de mon activité d’attaché dans le service d’implantologie de la faculté d’odontologie de Lyon, nous utilisons l’EVL+ de chez SERF, du Replace de chez Nobel Biocare et des implants Prisma de chez Keystone

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